soeur saint claude

Sœur Saint Claude est née à LANLOUP (22) le 19 juillet 1880 de parents cultivateurs. Elle passe avec succès le Brevet élémentaire à 17 ans. La même année, elle rejoint la communauté de Squiffiec, ouverte par les sœurs de la Divine Providence en 1866. Elle fait son noviciat à Squiffiec en 1898 et fait profession perpétuelle le 5 septembre 1899.

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Paroisse de Squiffiec

 

Lorsque les sœurs de la Divine Providence arrive à la paroisse de Squiffiec, il y a déjà une communauté fondée par une jeune fille de la paroisse, Jeanne Yvonne LE PAPE, avec le soutien de ses parents, plusieurs de ses sœurs, et bientôt rejointe par plusieurs jeunes filles des environs. La communauté prend le nom du « carmel » et est placée sous le vocable de N.D. du Carmel, de N.D. de Pitié et de Sainte Madeleine de PAZZI.

Peu à peu la jeune société devient nombreuse. Les Sœurs consacrent beaucoup de temps à la prière et travaillent au jardin. Certaines s’occupent aussi de l’éducation des enfants, du catéchisme. Il n’y a pas d’autres écoles dans les environs. En 1860, la communauté compte de 30 à 35 membres venues des paroisses voisines… En 1866, la Mère Supérieure des Carmélites a recours à la communauté de CREHEN pour lui demander de continuer leurs œuvres. La Congrégation accepte les conditions : les biens, les charges et les dettes. L’affaire fut conclue chez le notaire.

Trois sœurs de la Divine Providence sont envoyées dont Mère Saint Charles qui est nommée supérieure. Elles prennent en charge les œuvres aidées par l’ex-supérieure des Carmélites et quelques sœurs. Il y a beaucoup d’élèves, grâce au dévouement des maîtresses. En 1880 Mère St Basile est nommée directrice de l’école et reconnue par l’état.

Pendant les années 1880 à 1895, les religieuses, Mère St Charles et Mère St Basile, em-ploient leur temps de loisirs à filer le lin, travail commencé par les carmélites.

 

En 1897 elles filent encore de belles pièces de toile fabriquées par les tisserands de Squiffiec : draps, serviettes, nappes… Plusieurs des pensionnaires de ce temps apprirent aussi à filer… Ce fut une source de revenus pour la maison.

 

En 1898, Sr St Claude commence sa carrière d'enseignante. Nommée adjointe à l’école, elle seconde Mère St Basile. Elle se met à l’œuvre confiante en Dieu et sa supérieure. Sa tâche s’alourdit, car à l’enseignement s’ajoute la charge d’organiser l’orphelinat adjoint à l’école, d’établir des contacts avec la population, avec les pouvoirs publics, d’assurer et gérer un budget restreint.

 

En 1903, 1904, la persécution religieuse se fait sentir. Monsieur COMBES et ses alliés font fermer les écoles, persécutent le clergé…. Ce qui arrive pour Squiffiec en 1912. En 1914, elle est nommée directrice et en 1916, elle accepte d’être supérieure de la communauté.

 

Pendant la guerre 14-18, les enfants affluent. Les mères, restées seules, les confient à la communauté, souvent sans ressources. Les débuts d’août 1914 furent terribles. Les hommes mobilisés, il ne reste à la ferme que des enfants jeunes et des vieillards. Les sœurs portent secours aux femmes, découragées par l’absence de leurs maris en les ai-dant pour le ramassage du blé.

 

En 1924, des travaux sont entrepris dans la cour de la communauté grâce à l’aide des gens, ouvriers béné-voles. Le travail est solidement fait : terre mélangée à du sable de carrière. Des aménagements sont faits au jardin, la haie trop haute est réduite d’abord d’un mètre, puis remplacée par un muret en briques. Les arbres fruitiers sont remplacés par de nouveaux.

Les toitures des dépendances au bord de la route sont refaites. En 1930, on aménage un petit réfectoire où la communauté peut se retirer soit pour prier soit pour travailler. A cette époque l’installation électrique est faite, on y met une prise de courant… Tout cela est une grosse dépense pour la communauté, car il faut aussi payer les institutrices laïques.

 

A cette même époque, un nouveau besoin se fait sentir : le service d’une infirmière fait vraiment défaut lorsque des épidémies surviennent ou qu’un ou plusieurs malades sérieux ont besoin d’une surveillance plus grande que le médecin ne peut suivre conti-nuellement. Devant cette carence, Sr St Claude n’hésite pas : elle suit une formation et obtient en 1930, un permis d’exercer. Elle devient alors une auxiliaire appréciée des médecins. Elle va à domicile faire des pansements, des piqûres, après sa journée d’institutrice.

 

En 1934, l’accueil de colonie de vacances : de Paris, de St Brieuc, de St Michel, de Vichy… demande de compléter les installtions sanitaires...

Cet accueil dure de nombreuses années. Il apporte des ressources supplémentaires, mais aussi de la fatigue.

 

1939-1940 : Nouvelle désolation pour tout le monde. Les désolations de la guerre connue en 1914 -1918 vont se renouveler. Les cartes d’alimentation font leur apparition. Les privations apparaissent sous l’occupation allemande.

A la campagne la vie est plus facile cependant. Sur la côte la population souffre. Les femmes de Plounez, Paimpol et des environs viennent se procurer quelques suppléments. A Squiffiec la communauté soulage plusieurs personnes. Souvent en échange, elle reçoit du savon, du sucre, des pâtes. Pendant l’occupation, elle donne asile à de nombreux maquisards, en les hébergeant, les nourrissant, au risque de beaucoup d'inquiétude, jusqu’à la libération du territoire.

 

1955 : Sœur St Claude est décorée de la Croix de Chevalier du Mérite social (arrêté du 30 décembre 1954). "Elle mène de front toutes les tâches que requiert une communauté. Elle est unanimement aimée et respectée à des lieues à la ronde." Sr St Claude vit la mission à Squiffiec jusqu’en 1958, moment où la fatigue la contraint à un temps de repos à la Maison Saint Joseph à CREHEN.

 

En 1959 elle est nommée au Pensionnat de l’Immaculée Conception de CREHEN. Elle partage son temps entre la surveillance des élèves de philo, qu'elle assure en égrenant son chapelet ou en tricotant de la layette et le soin qu’elle apporte à la basse-cour.

 

A partir de 1973, après une vie toute donnée aux autres, Sr St Claude rejoint la Maison Mère où elle vit un temps de repos. Quelques notes manuscrites, écrites de sa main au cours d’une retraite en 1968 disent l’orientation de son cœur :

"Docilité aux écoutes du Seigneur… Venez ici, détendez-vous. Ne pas composer nos efforts à cause des autres. Porter du fruit par la patience. Rencontre, non pas avec un homme, non pas avec soi-même, mais avec le Seigneur : Il est là le premier. Essayer de voir les choses à la lumière de Dieu, ce qu’il attend de nous, à travers l’existence quotidienne et ses évènements. Etre Lumière pour les autres. »

 

Au rythme des évènements, des besoins, Sœur Saint Claude a cherché tant à Squiffiec, qu’à Créhen à apporter une réponse, qui exprimait sa manière d’aimer.

 

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Commentaires (1)

1. Feger Dominique 14/04/2016

Très intéressant Amtealty cet article sur Soeur St Claude. Il y a eu beaucoup de célébrités à Squiffiec. De quoi rebaptiser nom des rues...l'espoir fait vivre.

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Date de dernière mise à jour : 01/04/2016