le grenier

 

Le grenier

 

Je comble, tu combles, il comble

Ma, ta , sa vie, notre vie en objets inanimés

Et lorsque notre âme s'en lasse

Dans l'antre des combles

Sous la tuile brun orangé

Démodés, sans saveur ils y trépassent,

 

Au milieu des toiles...

D'araignée et d'autres anonymes

Petits tableaux à deux balles

Secrets oubliés dans une malle

Et commode incommode rime

Avec plus à la mode... Ternie sous un âcre voile,

 

Nettoyage de printemps me navre

Il me faut impérativement

Monter à l'assaut des vieilleries

Faire le sacrifice de certains cadavres

Une larme sur ma joue roulant

Pour ses pauvres victimes de ma lubie,

 

Comme le nain de jardin et sa harde

Détrôné par une grande Vénus de Milo

Et ces vinyles gondolés de mes idoles

Orphelins de pick-up, histoire sans parole

L'ère n'est plus aux roues de vélo

Du compact, il en pleut des hallebardes,

 

Sous une couche de grise poussière

Pour tout linceul tout drap

Chauve, démembrée ma poupée tête de porcelaine

Vestige de mes façons sans manière

Repose inerte entre les bras

D'une autre encore en parfum et baptisée Hélène,

 

Cette caverne haut perchée

Digne d'un Ali la brocante me laisse baba

Me force aux soupirs en enfilade

P'tits coups de plumeau sur leur corps en rade

Je n'ai plus le cœur au débarras

Petits amours je reconduis votre bail comme l'an passé !!

 

Jill Bill

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